
A l’occasion des réunions organisées par le SMO-DFCI (Syndicat Mixte Ouvert – Défense des Forêts contre les Incendies) à l’intention des élus communaux auxquelles ont participé deux de nos co-président.es, nous avons questionné le mode de financement de ces pistes.
L’objet de ces réunions était la mise en place d’un réseau de bénévoles dans chaque commune du département et ce n’était donc pas le lieu pour débattre du financement. Rendez-vous a donc été pris avec le président du SMO-DFCI et son animateur travaux.
La Dordogne a la spécificité d’aménager les pistes DFCI sur des chemins ruraux, contrairement à bien d’autres départements où les pistes sont sur des chemins privés et donc aménagées par les propriétaires forestiers. Cette situation est issue des années 80, lorsque les propriétaires, alors regroupés en ASA (Association Syndicale Autorisée), ont refusé de participer au financement. La Loi DTR (Développement des Territoires Ruraux) de 2005 a alors transféré au Conseil Départemental de la Dordogne la compétence de création de pistes DFCI. Et depuis 2018, 276 communes, représentant 70 % de la forêt périgourdines, se sont regroupées dans le SMO-DFCI.
La différence entre la Dordogne et d’autres départements, c’est que le coût de création des pistes DFCI en Dordogne est supporté en totalité par des fonds publics : ces dépenses (70 000 € / km) sont subventionnées à 80 %, les 20 % restant à la charge du SMO-DFCI et donc de ses membres que sont le département, les communes, communautés de communes et communautés d’agglomération adhérentes via les impôts des administrés.
En Gironde, dans les Landes ou le Lot-et-Garonne, ces 20 % sont à la charge des propriétaires forestiers, ce qui semble normal puisque ce sont les principaux utilisateurs de ces pistes.
Nous avons donc posé la question suivante :
Même si ces pistes ont des usages multiples (Pompiers, promeneurs, chasseurs, forestier), est-il normal qu’en Dordogne les principaux utilisateurs, les propriétaires forestiers et l’industrie forestière qui sont ceux qui les utilisent et les dégradent le plus, ne participent en aucun cas au financement de leur création et de leur entretien ?
Est-ce le morcellement des propriétés forestières qui a motivé l’organisation de la Dordogne ou plus insidieusement la pression et le poids de la filière bois ?
