Décarboner l’énergie ou préserver les forêts? Un choix crucial pour l’avenir à l’heure des dérèglements climatiques

Le 14 septembre dernier, une majorité de députés européens a adopté des amendements excluant la « biomasse ligneuse primaire » du régime des énergies renouvelables. Ces récentes dispositions – en attendant la décision finale – excluent des énergies renouvelables une très large majorité du bois-énergie issu de la forêt au nom de la réduction de la déforestation, de la destruction des habitats naturels et des puits de carbone forestiers, bref de la préservation des forêts garantes de la biodiversité comme de la qualité de l’air et de l’eau.

Bien évidemment, les industriels de la filière bois contestent cette décision et contre-attaquent… Alerte au lobbying!

Lire l’article de France Bois Forêt.

On y fait appel une fois de plus aux peurs individuelles (Restreindre l’usage du bois-énergie, c’est fragiliser la sécurité d’approvisionnement en énergie de millions de parti­culiers. C’est aussi déséquilibrer le modèle économique d’exploitants de réseaux de chaleur : près du quart de la chaleur consommée collectivement est produite par des chaudières à biomasse. C’est enfin menacer un pan de l’activité forestière, laquelle représente 50 000 emplois non délocalisables et génère 1,3 milliard d’euros de valeur ajoutée annuelle…) sans jamais s’interroger sur le coût environnemental de ces pratiques délétères…

SOS Forêt Dordogne le rappelle: nous sommes pour une filière bois locale et moins industrielle, dont les hommes seraient moins dépendants des machines et des crédits auxquels elles les contraignent, mais aussi pour une baisse des consommations énergétiques, par l’isolation des logements, la baisse du chauffage et une vraie réflexion des services publics et des politiques qui les dirigent. A quand cette révolution?